Citer: posté originellement par deb* sur 08 Juin 2006
Donc je me pose déjà des questions dont une: est-ce que l'accouchement dans l'eau est bénéfique à la fois pour la mère (moins douloureux, pas de périducale nécessaire) et l'enfant (moins traumatisant puisqu'il passe d'un milieu aquatique à un autre)?
Naître dans l’eau pour un accueil tout en douceur
Au début de la vie de l’Homme, il y a l’Eau, liquide amniotique qui entoure le fœtus de sa douceur, de sa protection bienveillante contre les chocs, les bruits, le froid, lui permet de se développer et de se mouvoir en liberté dans le corps de la mère. Lorsque le bébé déclenchera sa naissance par une production hormonale, il traversera le passage qui le conduit de l’Eau vers l’Air, vers sa famille et le monde. La naissance aquatique propose de diminuer le choc de changement de milieu, mais pas seulement…
Les premières piscines d’accouchement
Dans la lignée de « la naissance sans violence » prônée par le Professeur Leboyer (respect et intimité chaleureuse autour de la mère), le Dr Michel Odent, directeur d’une maternité française, a mis en place le concept de « piscine de dilatation » (1970). Il avait constaté que les femmes, plus détendues dans l’eau, libre de bouger sous le contrôle attentif du médecin, enchaînaient sur un accouchement plus physiologique, (c'est-à-dire plus naturel, moins d’interventions médicales) et moins de lésions gynécologiques. « L’eau à la température du corps a un effet antispasmodique et relaxant, le col s’ouvre plus facilement et les contractions sont moins violentes». La phase dite « d’expulsion du bébé» se déroulait hors de l’eau. De très nombreuses maternités recommandent maintenant mondialement les bienfaits incontestables de la baignoire de dilatation. Prolongeant cette démarche en 1982, le Dr. Eldering, chef de service obstétrique et gynécologie allemand fut un pionnier de la naissance aquatique. Il collabora avec le Dr. Konrad Selke, pédiatre spécialisé en patho-physiologie fœtale et néonatale. Les conclusions de leur pratique et de leurs études sur 1000 naissances aquatiques comparées à 1000 naissances physiologiques hors de l’eau sont édifiantes. Non, il n’y a pas de risque que le bébé « s’étouffe en avalant de l’eau». Sans contact avec l’air, il peut sans danger rester jusqu’à une minute sous l’eau, recevant ce dont il a besoin par le cordon ombilical qui le relie encore à sa mère. Oui, l’effet de l’eau chaude est bénéfique pour la relaxation de la mère, mais aussi pour son plancher pelvien. Seul 1,1% des mères ayant accueilli leur bébé dans la piscine ont demandé un analgésique, contre 20.1% hors de l’eau. Seulement 16% d’épisiotomies ont été nécessaires dans l’eau contre 33% dans l’autre groupe. La relaxation rapide grâce à l’eau brise plus facilement le cercle vicieux : tension – anxiété - augmentation de la souffrance. Les scores d’Agpar et l’état de santé des bébés sont similaires dans les 2 groupes, mais les femmes récupèrent plus vite.
En Belgique
Le Dr Ponette créa en 1983 le 1er département aquatique belge dans la maternité de l’Hôpital Serruys d’Ostende. D’abord observé avec étonnement et inquiétude, il rallie peu à peu le personnel de l’hôpital puis d’autres hôpitaux au bien fondé de cette naissance douce. Plus de 4000 accouchements dans l’eau y ont eu lieu à ce jour, démontrant la fiabilité et la sécurité de cette démarche. Des études comparatives sont effectuées également : 8,6% de césariennes seulement à l’hôpital Serruys contre 14,6% pour les autres naissances physiologiques en Flandre* ; 10,3% de péridurales demandées contre 42,1% pour la Flandre. 1,1% de transfert en soins néonatals intensifs contre 2,9% pour la Flandre.( *Info SPE 12/3/98). C’est la 1ère maternité entièrement aquatique au monde !
L’un des concepts de base de ce type de naissance est de permettre aux parents de se sentir détendus et en sécurité. La salle de naissance n’évoque donc pas le sentiment de médicalisation. Tout le matériel nécessaire en cas de complication y est disponible, mais se fait discret… Les mesures d’hygiène et de sécurité y sont très strictes. Les contre-indications sont clairement définies : grossesse non à terme, pathologie ou anomalie pendant la grossesse ou la naissance, grande fatigue, hypertension, mauvais monitoring du bébé, … Mais des jumeaux ou des bébés en siège sont aussi nés dans la baignoire ostendaise sans aucune complication.
Les avantages de la naissance aquatique
« Je suis entrée dans l’eau quand les contractions devenaient douloureuses et que je pensais demander la péridurale, raconte Alice. J’étais tellement mieux que ma gynéco m’a proposé de laisser mon bébé naître là. C’était redevenu merveilleux.» Le père, très présent, est souvent le bienvenu dans l’eau. Ensemble, ils mettent à profit ce qu’ils ont acquis par la préparation prénatale aquatique : exercices, travail du souffle, exploitation du toucher, relaxation, encadrement psycho-affectif… Cette préparation est recommandée mais n’est pas obligatoire. L’haptonomie s’accorde bien aussi avec la naissance dans l’eau.
« Je me sentais plus libre de bouger, plus légère », dit Eve. « Mon col s’est remis à s’ouvrir grâce au bain, renchérit Mathilde, pourtant j’étais bloquée à 5 cm depuis un moment ! » Muscles et articulations plus détendus, eau chaude qui détend les tissus et accélère le travail,… La femme moins stressée dépense moins d’énergie, oppose moins de résistance, a donc moins mal et a moins recours à la péridurale. Cela induit moins de problèmes nécessitant une intervention médicale (épisiotomie, ventouse, césariennes,…), moins de déchirures du périnée. La naissance se fait plus douce pour le bébé et sa mère qui récupérera plus vite. « Je ne me sentais pas « accouchée » mais vraiment active et responsable dans la naissance de mon bébé, j’ai pu pleinement accueillir Maxime avec son père dans un grand climat d’amour et de sérénité ».
Le bébé sortira du ventre de sa mère sans être plongé brutalement dans l’environnement aérien, où l’intensité de l’air, du son et de la lumière lui sont nouveaux et stressants. Il viendra au monde dans un milieu similaire à celui qu’il connaît bien et « naîtra » peu à peu, en contact prolongé avec le ventre de sa mère, cajolé par ses parents. Il sortira progressivement de l’eau et restera longuement contre sa mère sous la bienveillante attention de l’équipe médicale qui les encadrent avec compétence et respect.
http://www.alternatives.be/presse/accouchement_aquatique_article.htm
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